Dâna Paramita

La communauté bouddhique : Samgha

La première communauté constituée autour de Bouddha furent ses cinq premiers disciples. Peu à peu, il parvint à les faire accéder à une connaissance sans cesse accrue. « Quand le Bienheureux eut prêché cette doctrine, la pensée des cinq moines fut délivrée de toute impureté et ils purent alors faire naître la connaissance de la délivrance sans obstacle (càd le nirvana). À ce moment, il y eut en ce monde six arhats : les cinq disciples et le Tathagata (« l'Ainsi-venu », le Bouddha), Arhat complètement et parfaitement éveillé. »
Ainsi s'est constituée la première communauté.

L'expérience de conversion dans le bouddhisme

Cette expérience de la conversion apparaît avant tout dans les paroles du Maître. Le Bouddha, on l'a vu, a longuement hésité à propager le fruit de sa découverte. Aussi, il ne dispense pas son enseignement à n'importe qui, il choisit son auditoire en mesure de sa capacité à pénétrer les vérités qu'il a mises au jour. Ce qui ne signifie pas que le Bouddha rejette définitivement certaines personnes en raison de leur manque de capacités spirituelles. Ces personnes peuvent, au contraire, acquérir de grands mérites en donnant de quoi subsister aux moines, créant ainsi un bon karma qui, dans une vie ultérieure, leur ouvrirait la possibilité de répondre plus activement, si l'on veut, à la vérité. Voila donc pour le choix que le Bouddha fait de ses auditeurs. Si le Bouddha s'adresse en priorité aux gens de grande compréhension spirituelle, il sait aussi preuve de génie pédagogique en prodiguant un enseignement en fonction des capacités de chacun, de sorte que, pour chacun de ses discours, chaque auditeur est capable d'en tirer des profits selon leurs capacités.

Ensuite, le Bouddha accorda la conversion aux premiers laïcs, qui prirent alors les trois refuges, triple refuge dans le Bouddha, le dharma et le samgha. En outre, les laïcs devaient émettre le souhait de devenir un fidèle laïc.

la vie de la première communauté bouddhique

plusieurs catégories composent la communauté bouddhique :

>Les religieux mendiants (ou bhiksu) : représentent le mode ordinaire de parvenir à l'éveil, quelle que soit l'école de philosophie indienne. Dans certains pays bouddhistes, comme la Chine où le courant Chan/Zen est très important, la communauté des moines s'adonne à des travaux manuels, inimaginables en Inde.

>Les religieuses mendiantes (ou bhiksuni) : le Bouddha n'accepta que fort tard et avec réticence d'admettre au sein de la communauté des nonnes.

>Les troisièmes et quatrième catégories de fidèles sont les upasaka ou frères laïcs et les upasika ou sœurs laïques.Les dix préceptes : tout membre de la samgha doit respecter 10 préceptes dont voici les quatre premiers :

1° s'abstenir de détruire la vie.

2° s'abstenir de voler - ou plus exactement s'abstenir de prendre ce qui n'est pas donné.

3° s'abstenir de fornication et de toute impureté.

4° s'abstenir de mentir.

Tout est destiné à éteindre peu à peu le feu des passions qui, en effet, est alimenté par les actions interdites dans ces préceptes.


« bouddhisme nibbanique » et « bouddhisme karmique »

On distingue ces deux sortes de bouddhisme, un moyen pour différencier un bouddhisme qui serait celui des laïcs, le bouddhisme karmique, c'est-à-dire un bouddhisme qui, parce qu'il repose sur une accumulation des mérites, entraîne pour résultat un bon karma et, donc, des conditions favorables de renaissance, et un bouddhisme monastique, le bouddhisme nibbanique, qui serait celui des moines, à savoir un bouddhisme qui repose avant tout sur une ascèse qui mène une haute compréhension des vérités bouddhiques : tout est douloureux (duhkha), impermanent (anitiya) et sans substance (anatman). Les laïcs, parce qu'ils ne s'engagent pas sur la voie monastique seule capable d'atteindre l'illumination, ont toujours été pratiquement exclus du « bouddhisme nibbanique » - c'est-à-dire de la voie radicale qui ne vide à rien d'autre que le nirvana (nibbana en pali).
En bref, le laïc essaie en quelque sorte de renverser la force du karma (d'où le nom de « bouddhisme karmique ») en faisant de tout petits pas qui, selon l'enseignement du Bouddha, auront leur effet dans l'avenir. C'est pourquoi le Bouddha, tout en sachant que tel homme ne pourra jamais véritablement comprendre les quatre nobles vérités dans cette vie, l'accepte comme il est, et fait tout pour que le grain de foi qui est au fond de lui, grandisse et devienne un jour, dans un avenir lointain, assez fort pour l'amener à la réalisation du nirvana.

la crise du premier samgha

le Bouddha une fois mort, il était inévitable que surgissent des tensions ou des divergences. En effet, comment interpréter le Triple Refuge après sa mort. Le refuge dans le Bouddha (il n'est plus là!), le Refuge dans le Dharma (mais qui est habilité à interpréter la Loi bouddhique si ce n'est le Bouddha, qui n'est plus là!) et le Refuge dans la Sangha (mais cette communauté a vu le jour autour d'une personne, le Bouddha!). C'est la première crise de la communauté bouddhique qui fera l'objet du chapitre suivant.



25/05/2007
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